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Exercer un métier humanitaire : comment s’y prendre ?

un métier humanitaire pour œuvrer solidairement

La nécessité d’exercer une profession porteuse de sens est de plus en plus présente en France. Les actifs choisissent donc de se reconvertir et les étudiants et futurs travailleurs de s’orienter vers des activités utiles, solidaires, responsables et engagées. Si la volonté de (re) donner du sens à sa carrière est un catalyseur de ces nouvelles ambitions professionnelles, c’est bien le fait de posséder des compétences qui rend sa mise en œuvre possible. Lorsqu’on parle d’emploi dans l’action solidaire, on imagine souvent qu’une grande motivation suffit à elle seule pour permettre à un individu d’être opérationnel et efficace. C’est pourquoi il existe une impropriété dans l’expression « métier humanitaire » qu’il est important de relever. Être « humanitaire » n’est pas un métier. Une personne qui travaille dans l’humanitaire possède des compétences liées à un métier qu’elle met en pratique dans un contexte solidaire. Afin de mieux comprendre comment obtenir un emploi dans l’humanitaire, découvrez quelles structures recrutent, quels sont les professions recherchées dans ce secteur et comment s’y faire embaucher.

 

Savoir quelle structure intégrer avant de choisir un métier humanitaire 

Il existe plusieurs structures dans lesquelles il est possible d’exercer un métier humanitaire :

  • les Organisations Non Gouvernementales (ONG) ;
  • les organisations internationales de l’ONU (UNESCO, OMS, FMI, FIDA, OIT, OMPI, etc.) ;
  • quelques collectivités territoriales (lorsqu’elles ont des programmes de développement).

Ce sont les ONG et associations qui accueillent le plus de travailleurs humanitaires. Ces structures couvrent un large champ d’action et recrutent plus que les autres structures et sont donc prioritairement ciblées lorsque les chercheurs d’emploi souhaitent intégrer un établissement humanitaire. Les ONG et associations œuvrent pour des projets environnementaux, de solidarité locale et internationale, pour la santé, la culture, l’éducation, le sport ou encore la citoyenneté, tout en étant réparties en plusieurs catégories. On peut identifier 3 sortes d’ONG aux buts différents.

Les ONG d’urgence

Ces ONG interviennent dans des contextes d’urgence humanitaire, notamment lors des catastrophes naturelles, des guerres ou des déplacements de population. 

Elles recrutent principalement des profils « urgentistes », particulièrement dans le médical.

Les ONG post-urgence/de réhabilitation

exercer un métier humanitaire dans des ONG post-urgenceLes ONG post-urgence ou ONG de réhabilitation sont capitales pour reconstruire rapidement après des événements traumatiques. La reconstruction ne se fait pas uniquement à l’échelle de l’habitat, mais également au niveau de la vie économique et sociale ou de la santé. 

On appelle ces structures également ONG prestataires puisqu’elles recrutent des profils divers et variés.

Les ONG d’aide au développement

Les ONG d’aide au développement travaillent sur le long terme pour accompagner l’évolution des pays en voie de développement. 

C’est la catégorie d’ONG qui recrute le moins. Les professions-cadres, de chef de projet ou de directeur de missions sont celles qui sont le plus recrutées dans la durée.

Selon si l’on s’engage dans une structure qui agit en France ou à l’étranger, les missions exécutées ne sont pas les mêmes, voire diamétralement différentes concernant l’ampleur des tâches à effectuer. Si en France il reste encore de nombreux problèmes sociaux et environnementaux à régler, les actions à l’étranger doivent souvent être mises en œuvre dans des contextes d’urgence humanitaire. 

Exercer un métier humanitaire dans des pays étrangers et particulièrement dans les pays sous-développés ou en cours de développement demande donc une grande capacité de résilience et peut ne pas convenir à tous.

 

Quels sont les métiers humanitaires les plus recherchés ?

Les 3 domaines piliers

Il existe 3 types de postes différents sur lesquels s’appuient en majorité les Organisations Non Gouvernementales. Si vous désirez exercer un métier dans l’humanitaire, vous pouvez cibler et vous former à ces professions pour accéder plus facilement à ces structures. 

Les postes d’administrateurs

Les profils d’emploi administratifs sont particulièrement recherchés. Les structures ont besoin de personnel pour gérer leur administration, elles recrutent donc à des postes en :

  • gestion ;
  • comptabilité ;
  • ressources humaines.  

Si vous avez des compétences administratives, pensez à ces types de postes pour exercer un métier humanitaire.

Les postes de chefs de projet ou de chargés de projet

On distingue deux sortes de chefs de projet dans l’humanitaire :

  • le chef de projet spécialisé ;
  • le chef de projet généraliste.

Les chargés de projet spécialisés possèdent une expertise spécifique (médecine, agriculture, éducation, agronomie, etc.). Si vous disposez de compétences métiers dans des domaines utiles aux missions humanitaires, c’est peut-être votre porte d’entrée dans ce secteur solidaire.

Les chargés de projet généralistes n’ont pas de spécialisation, ils s’occupent de la mise en œuvre des projets de façon transversale. Ces postes exigent de fortes compétences managériales. Si c’est votre cas, privilégiez plutôt ce type de poste.

Les postes techniques et logistiques

Ces postes sont particulièrement recherchés. Ceux se rapportant à la logistique sont davantage liés aux grosses missions humanitaires. Des profils de logisticiens ou coordinateurs logistiques sont souvent recrutés.

Les postes techniques sont également nécessaires au fonctionnement et au bon déroulement des actions humanitaires. Les organismes recherchent des candidats comme :

  • des techniciens en chaîne de froid ;
  • des techniciens travaux publics ;
  • des conducteurs de chantier ;
  • des ingénieurs ;
  • des mécaniciens ;
  • etc..

Si vous avez une formation de technicien et que vous souhaitez exercer un métier humanitaire, renseignez-vous sur les recrutements à ces postes. 

Les professions indispensables

En dehors des 3 domaines piliers, certaines professions sont fondamentales telles que les professions médicales ou encore les métiers de l’éducation.

La santé

C’est le premier domaine de l’activité humanitaire puisqu’il relève à la fois des ONG d’urgence (et post-urgence) et des ONG de développement. On peut identifier 3 classes de professions médicales.

Les médecins

Ils sont chargés de coordonner les équipes médicales, de diagnostiquer, de prescrire, d’évaluer et anticiper les futurs besoins. On distingue les médecins généralistes des médecins spécialisés. Ces derniers peuvent être :

  • des chirurgiens ;
  • des pédiatres ;
  • des épidémiologistes ;
  • des dermatologues ;
  • des psychiatres ;
  • des gynécologues ;
  • etc..les professions médicales sont les plus recherchées dans les métiers humanitaires
Les infirmiers

Ils sont en charge de la coordination des flux de patients qui souhaitent consulter, ils distribuent les médicaments, ils tiennent informés les médecins des évolutions.

Infirmier est la profession la plus demandée dans les ONG et représente même plus de 30 % des effectifs chez Médecin Sans Frontière.

Les autres métiers du médical 

Toutes les autres professions médicales sont également indispensables et recherchées par les structures humanitaires telles que :

  • pharmacien ;
  • dentiste ;
  • sage-femme ;
  • nutritionniste ;
  • etc..

L’éducation

Les métiers de l’éducation ont une place centrale principalement dans les actions mises en œuvre par les ONG d’aide au développement. Les missions humanitaires afférentes à l’éducation sont :

  • l’enseignement élémentaire (l’apprentissage de la lecture, du calcul, de l’écriture, etc.) ;
  • la formation métier (l’apprentissage d’une activité comme l’ingénierie, la mécanique) ;
  • la sensibilisation (création de campagnes pour sensibiliser à des sujets comme les faux médicaments, la sexualité)

Les métiers sollicités sont les professions classiques de l’éducation :

  • enseignant (transmets la connaissance aussi bien aux élèves qu’aux enseignants locaux) ;
  • animateur (prépare des activités ludiques et éducatives, organise des rassemblements avec la population locale).

Les autres professions 

Tous les métiers qui touchent à la construction, au transport ou à l’agriculture ne doivent pas être oubliés. Ces professions sont indispensables aux actions humanitaires afin de répondre aux besoins fondamentaux des populations en leur permettant de se loger, de se nourrir, mais aussi d’avoir accès à la mobilité pour se soigner ou pour être protégé. 

 

Où postuler pour trouver un poste et exercer un métier humanitaire ?

Pour trouver plus facilement un métier solidaire, vous pouvez vous renseigner auprès d’organismes spécialisés. Les sites internet de ces structures fournissent bon nombre d’informations :

  • Le site Solidaire aide à dénicher l’expérience solidaire, en France ou à l’étranger, qui vous correspond ;
  • Le Portail Humanitaire met à disposition un annuaire d’associations et d’ONG qui peut être consulté par zone d’intervention, pays d’origine et par action ;
  • Le site de la Coordination Sud donne accès à une liste d’une centaine d’associations humanitaires.

Si vous exercez une profession médicale, regardez en priorité du côté de Médecins Sans Frontières ou de la Croix-Rouge. Ce sont les organismes qui ont le plus besoin de vous et qui recrutent sans forcément demander une première expérience dans l’humanitaire. 

Une autre solution existe pour trouver un poste et exerce un métier humanitaire : participer aux événements dédiés. Le salon des solidarités vous permet d’être en relation directe avec des ONG et associations. Le salon des métiers de l’humanitaire du grand Genève à Gaillard rassemble quant à lui 80 exposants constitués d’associations et d’ONG, propose des conférences et ateliers sur les métiers de l’humanitaire, des entretiens individuels et dispose même d’un espace emploi. Autant dire que c’est un événement à ne pas manquer si vous désirez trouver du travail et exercer un métier humanitaire. 

 

Comment être embauché dans l’humanitaire ?

être recruté à un poste humanitaireDe nombreuses professions sont recherchées dans le milieu de l’humanitaire. Quel que soit votre métier actuel, vous avez probablement déjà certaines qualités requises pour trouver un emploi dans la solidarité internationale. 

Pour exercer un métier humanitaire, vous devrez cependant nécessairement suivre une formation spécialisée ou acquérir une expérience associative en France ou à l’étranger. Qu’importe votre activité initiale, votre expertise – hormis pour les professions médicales en pénurie de candidats – vous aurez donc inévitablement besoin d’une première expérience dans ce domaine. 

Comme pour toutes les conditions d’embauche liées à l’expérience, vous vous dites probablement que c’est un cercle vicieux. Comment fait-on pour acquérir de l’expérience, si les expériences nous sont inaccessibles justement par manque d’expérience ? Typique du serpent qui se mord la queue. Heureusement, le milieu humanitaire a ses spécificités qui répondent justement à cette problématique.

Afin d’œuvrer pour la solidarité, les organismes travaillent avec 3 types de contrats. Ces contrats permettent aux personnes de disposer d’un statut et donc d’un rôle et d’une responsabilité définie dans les projets humanitaires. Pour accéder à un emploi permanent ou de plus longue durée et rémunéré, qui permettra d’acquérir de l’expérience, il faudra s’engager sous différents types contrats. 

Le bénévolat

Le premier statut, mais également le plus précaire, est celui de bénévole. C’est probablement le statut qui prouve le plus votre motivation puisque le bénévole ne perçoit aucune rémunération. L’ensemble des frais est à sa charge (sauf quelques exceptions lorsque certaines associations participent à l’hébergement et l’alimentation), mais en contrepartie il n’a aucune obligation légale et peut donc arrêter son engagement lorsqu’il le souhaite. Vous imaginez donc que si un bénévole s’implique et agit sur la durée, sans salaire et sans obligation de rester, sa détermination n’est plus à prouver. 

Gardez toutefois en tête que la meilleure qualité lorsque vous exercez un métier humanitaire reste l’humilité. N’avancez pas ce type d’argument lors d’un entretien par exemple. Votre détermination à rester bénévole pourrait être confondue avec un acte intéressé et avoir l’effet inverse. Les recruteurs sauront voir et apprécier vos efforts d’eux-mêmes. 

Le volontariat

Lors d’une première embauche dans l’humanitaire, les ONG ou autres organismes privilégient généralement le statut de volontaire de solidarité internationale (VSI). Ce n’est pas un statut de salarié, il ne permet pas de percevoir une rémunération. L’avantage d’être volontaire, et contrairement au statut de bénévole est de bénéficier de la couverture du ministère des Affaires Étrangères. Cette couverture octroie aux volontaires une indemnité de subsistance (pour subvenir aux besoins élémentaires comme le logement, la nourriture, etc.), mais ne représente pas un vrai salaire. Ce droit est valable uniquement si l’association d’accueil est agréée par le ministère. 

Le volontariat est le statut qui permet d’accéder le plus facilement à un emploi. Le plus souvent le recrutement se fait en CDD puis lorsque vous aurez les compétences (dont les organismes ont réellement besoin) et une motivation à vous engager durablement il est possible d’être recruté en CDI.

Le contrat de volontaire est le plus commun puisqu’il représente 80 % des humanitaires. Le mieux est de privilégier ce statut si vous souhaitez rapidement légitimer votre expérience tout en étant indemnisé des frais primaires occasionnés.

Le salariat

Ce statut est convoité, mais également plus difficilement accordé. Le salarié humanitaire perçoit évidemment une rémunération. Il doit être prêt à enchaîner les missions et à partir régulièrement aux quatre coins du globe. Comme nous le disions, une première expérience dans l’humanitaire ou le développement est couramment exigée pour décrocher un poste. Plusieurs années d’expérience (non solidaire) dans la profession à laquelle vous souhaitez postuler seront en revanche inévitables pour exercer un métier humanitaire.

 

Si désirez retrouver le sens de votre carrière, découvrez également ce qu’est l’Économie Sociale et Solidaire ou encore le secteur de la SocialTech. Ces deux domaines pourraient fortement vous intéresser et répondre à vos besoins professionnels. Et pour vous assurer que vos choix d’orientation sont les bons, n’hésitez pas à réaliser un bilan de compétences. Il peut être entièrement financé par votre CPF et si vous êtes salarié vous pouvez même recourir à votre CPF de transition ! Alors, pourquoi vous priver s’il vous permet de trouver rapidement un emploi dans un champ d’action qui vous correspond.