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Est-vous fait pour travailler dans l’humanitaire ? Part. 1

être une femme et travailler dans l’humanitaire

Tout le monde n’est pas fait pour exercer un métier humanitaire. Plusieurs éléments sont à prendre en compte avant de vous décider : êtes-vous prêt à travailler à l’étranger ou préférez-vous rester en France ? Dans quels domaines possédez-vous des compétences et aimeriez travailler ? La santé ? L’éducation ? L’ingénierie ? La communication ? Préférez-vous œuvrer dans l’urgence ou pour le développement ? Autant de questionnements essentiels, mais pas forcément évidents pour un « novice » en la matière. L’humanitaire est un secteur intéressant pour le sens qu’il donne aux actions de chaque membre des organismes, il peut cependant créer de grandes désillusions si une préparation et une réflexion préalable n’ont pas été effectuées. Une question doit venir à votre esprit lors d’une reconversion ou tout simplement au moment d’un choix d’orientation, en l’occurrence dans la solidarité : est-vous fait pour travailler dans l’humanitaire ? Nous sommes justement là pour vous éclairer dans ce dossier en 2 parties. 

 

Comment savoir si l’on est fait pour travailler dans l’humanitaire ?

Il n’existe pas de solution miracle. Vous pouvez étudier, vous pouvez lire des retours d’expériences, vous pouvez répondre en tous points au profil du candidat idéal pour décrocher un emploi solidaire, si vous ne vivez pas vous-même cet engagement vous ne pourrez jamais être sûr et certain que vous êtes fait pour travailler dans l’humanitaire. Bien entendu, le passage à l’acte est un cap délicat qui suppose assez logiquement de devoir se renseigner au préalable, mais votre certitude ne pourra venir qu’une fois vous être forgé votre propre avis par le biais d’une expérience personnelle dans ce domaine. Nous allons donc détailler toutes les possibilités qui s’offrent à vous pour vous tester sur le terrain sans vous engager dans un emploi humanitaire permanent. Après cette première expérience, votre décision sera rapide et limpide. En prime nous vous offrons quelques pistes pour trouver le bon interlocuteur afin de vous renseigner sur ce secteur d’activité.

 

Se tester pour savoir si l’on est fait pour travailler dans l’humanitaire 

La meilleure chose à faire si vous souhaitez savoir si vous êtes fait pour travailler dans l’humanitaire est de tester cette activité. Plusieurs leviers existent pour vous tester lors d’une mission solidaire, faisons le point. 

bénévolat 

Le bénévolat consiste à s’engager librement et sans rétribution dans l’exercice d’une activité au sein d’une institution, une Organisation Non Gouvernementale ou une association. Être un bénévole humanitaire consiste donc à mettre à profit son temps et ses compétences gratuitement au service du bien commun.

Les domaines d’action des bénévoles humanitaires peuvent être :
  • le sport,
  • la santé,
  • la défense des droits de l’homme,
  • la culture,
  • l’éco-volontariat ;
  • l’éducation,
  • etc..

le bénévolat pour tester de travailler dans l’humanitaireC’est le moyen le plus simple de tester une activité dans l’humanitaire, car les conditions de recrutements restent minimes. Le bénévolat est accessible à tous, aucune qualification n’est requise la motivation est le seul critère important. L’avantage du bénévolat est d’avoir un engagement flexible, sans obligations. Vous pourrez choisir la durée de votre expérience, la date de départ, le pays de destination, le type de missions (même s’il faut rester conscient qu’une polyvalence est nécessaire à l’engagement humanitaire, les missions sont rarement fixes). 

Si vous êtes demandeur d’emploi et que vous souhaitez vous tester avant de travailler dans l’humanitaire vous devrez prendre en compte certaines conditions. Vous pouvez parfaitement continuer de percevoir vos indemnités de chômage durant votre engagement bénévole, mais pour cela vous devez respecter ces modalités :

  • être bénévole dans une structure dans laquelle vous n’avez jamais été salarié ;
  • être bénévole ne doit pas vous empêcher de poursuivre votre recherche d’emploi ;
  • l’activité du bénévole ne doit pas remplacer un emploi salarié dans la structure d’accueil.

Si vous êtes en activité et que vous désirez vérifier qu’un métier dans l’humanitaire est fait pour vous sachez que des dispositifs existent pour vous y aider. Si vous êtes déjà en poste, vous pouvez actionner : 

  • le bénévolat de compétences qui consiste à la mise en relation entre entreprises et associations ce qui permet aux collaborateurs qui le souhaitent de s’engager hors du temps de travail. Les associations identifient au préalable les missions bénévoles ponctuelles et compatibles avec les temps de travails des volontaires ;
  • le mécénat de compétences qui consiste à proposer aux collaborateurs de participer à un projet collaboratif avec une structure de solidarité ou humanitaire sur quelques heures de travail à l’initiative de l’employeur. 

Les actifs sont également soumis à des conditions, ils ne peuvent donc pas :

  • s’engager dans une structure qui dans laquelle l’individu a déjà travaillé en tant que salarié ;
  • être engagée en tant que bénévole pour effectuer des tâches confiées en temps normal à un salarié. 

Le volontariat

Le volontariat est un engagement mutuel entre un volontaire et une structure d’accueil. Le statut de volontaire est très spécifique, c’est le pont entre le statut bénévole et salarié tout en étant pourvu de caractéristiques singulières.

Voici les conditions d’engagement dans le volontariat :
  • la personne volontaire ne peut se soustraire à son engagement contrairement au bénévole. Elle signe un contrat de manière formelle pour une durée déterminée au préalable de la mission d’intérêt général ;
  • la personne volontaire perçoit une indemnité de subsistance qui couvre ses frais (hors hébergement, nourriture et transport) sur place, mais qui ne s’apparente pas à un salaire ;
  • la personne volontaire ne relève pas du Code du travail (sauf dans le cadre d’un congé de solidarité).

Le volontariat s’apparente à un emploi dans l’implication qu’il nécessite à la réalisation des missions. Les volontaires humanitaires possèdent de véritables responsabilités, à l’instar des salariés et travaillent à temps plein sur le terrain. Leurs missions sont définies et encadrées avec une durée limitée dans le temps. Contrairement à un bénévole, la personne portée volontaire est soumise à des obligations et ne peut stopper sa mission sans raison. Dans un tel cas, le volontaire doit respecter un préavis d’un mois une fois sa démission validée par la structure d’accueil. C’est pourquoi le statut de volontaire est à privilégier si vous avez déjà eu une première expérience bénévole pour être sûre avant de vous engager. 

Le statut de volontaire est considéré comme la porte d’entrée à une carrière professionnelle dans la solidarité, c’est souvent un passage obligé avant d’obtenir le statut de salarié et travailler dans l’humanitaire. Il vous permet d’acquérir l’expérience nécessaire pour postuler aux postes permanents. 

Ce statut offre des garanties non négligeables aux volontaires :
  • une formation à l’arrivée dans le pays d’accueil ;
  • une prise en charge des coûts liés au voyage (billets, tickets, hôtels) ;
  • une indemnité de subsistance (100 euros minimums, montant défini en fonction du coût de la vie dans le pays d’accueil) ;
  • une assurance « responsabilité civile et rapatriement » ;
  • une couverture sociale avec assurance retraite ;
  • des aides lors du retour après l’engagement comme l’indemnisation d’aide au retour à l’emploi (ARE) ;
  • une indemnité d’environ 3 000 euros pour la réinstallation des volontaires ayant effectué des missions de plus de 24 mois consécutifs. 

Attention cependant lors de votre choix de structure ! Certains organismes privés recrutent des volontaires dans une démarche commerciale. Il faut que vous preniez le temps de vérifier chaque information et de vous renseigner sur les frais qui vous seront facturés. Veillez à ne vous engager qu’avec des structures qui disposent de renseignements clairs et vérifiables sur les types d’interventions pour aider et soutenir les populations des pays en voie de développement. Votre mission doit être définie, ainsi que votre rôle en tant que volontaire. 

Vous souhaitez être volontaire pour tester et être immergé quasiment comme un salarié dans une activité humanitaire ? Plusieurs statuts de volontariat vous sont disponibles pour cela, voici les principaux :

L’engagement de service civique 

le service civique pour tester de travailler dans l’humanitaireDepuis l’entrée en vigueur de la loi du 10 mars 2010, le volontariat est accessible aux jeunes de 16 à 25 ans, et jusqu’à 30 ans pour les jeunes en situation de handicap, par le biais du service civique. Si vous songez à une reconversion professionnelle avant 30 ans, c’est peut être une solution afin de vous tester et savoir si travailler dans l’humanitaire est fait pour vous. Aucun diplôme ni aucune expérience ou formation ne sont demandés pour s’engager. Les missions peuvent s’effectuer en France comme à l’étranger et ont toutes pour but d’œuvrer pour l’intérêt général. 

Les domaines d’intervention peuvent être :
  • la culture et le loisir,
  • le développement international,
  • l’éducation pour les publics fragilisés,
  • mémoire et citoyenneté,
  • santé,
  • solidarité,
  • sport,
  • intervention d’urgence dans des zones de crise,
  • etc..

Les volontaires en service civique s’engagent au minimum pour une période de 6 mois jusqu’à 1 an maximum. Ils profitent d’une prise en charge financière et administrative de la part de l’État français et de la structure d’accueil pendant toute la durée de leur contrat avec l’organisme d’accueil. 

La prise en charge de l’État comprend :
  • une indemnité mensuelle ;
  • une couverture sociale française versée par l’Agence de Service de Paiement (ASP) ;
  • une protection sociale versée aux organismes agréés (elle concerne les missions à l’étranger de plus de 3 mois) ;
  • une participation au coût de formation civique et citoyenne d’un total de 100 euros par volontaire ;
  • une participation au coût de la formation Prévention et Secours Civique de niveau 1 (PSC1) à hauteur de 60 euros sous réserve de la présentation d’un justificatif ;
  • une participation au coût d’accueil et de tutorat versée mensuellement à l’organisme au titre de tutorat.
La prise en charge de l’organisme comprend :
  • un versement de l’indemnité de subsistance (en espèce ou en nature selon les frais) ;
  • une participation au coût de la formation civique et citoyenne qui assure une préparation adéquate avant son départ à l’international ;
  • un règlement des frais de visa ;
  • un règlement des frais de déplacements à l’étranger (billets d’avion, ticket de train, transfert vers le lieu d’habitation, etc.) ;
  • une participation au coût de la vie sur place (besoins élémentaires comme l’hébergement, la nourriture, forfait de téléphone, etc.) ;
  • un financement pour les autres moyens nécessaires à la mission du volontaire. 

Pour un engagement en service civique, le volontaire perçoit une indemnité d’environ 580 euros et jusqu’à 688 par mois selon les situations. Cette indemnité ne peut faire office de salaire et donc ne peut permettre d’épargner, mais c’est un montant intéressant pour vivre cette aventure sereinement. Cela permet de se focaliser sur l’objectif premier : travailler dans l’humanitaire et se tester pour redonner du sens à sa carrière.

Le volontariat de solidarité internationale (VSI)

Comme son nom l’indique, ce type de volontariat se réalise exclusivement à l’étranger. Cet engagement vise à accomplir une mission d’intérêt général dans un pays autre que la France et s’effectue dans des ONG de coopération au développement ou d’action humanitaire. Seules les associations agréées peuvent proposer des missions officielles de VSI. Il n’existe que 29 associations qui possèdent l’agrément de l’État. Voici la liste

Les domaines d’intervention du volontariat de solidarité internationale peuvent être :
  • l’enseignement,
  • l’action sanitaire et sociale,
  • le développement durable,
  • l’information et la communication,
  • la gestion de projets, 
  • l’administration publique et territoriale,
  • santé,
  • ingénierie et urbanisme,
  • etc..

groupe d’humanitaires logistique nourritureComme vous pouvez le constater, ces missions requièrent certaines compétences pour être réalisées. Un diplôme est donc conseillé afin d’être retenu par un organisme et de signer un contrat VSI, le mieux étant de posséder une qualification dans le domaine d’intervention visée (à noter qu’en 2017 la plupart des contrats VSI concernaient des personnes diplômées, dont 69 % ayant obtenu un bac + 5). Contrairement au service civique, ce type de volontariat n’est donc pas destiné en priorité à la jeune génération. Pour y accéder, il faut être majeur, mais il n’y a pas de limite d’âge maximum. Les volontaires de solidarité internationale peuvent même s’engager en couple si les conjoints ont chacune décrocher une mission. Il faudra cependant prendre en compte le plafonnement de l’expérience d’un potentiel volontaire qui est fixé à 6 ans. Si vous envisagez une reconversion professionnelle à 40 ans, le VSI est probablement la solution idéale pour vous permettre de découvrir ce domaine et savoir si travailler dans l’humanitaire vous permettra de véritablement redonner du sens à votre carrière. 

En théorie il n’existe aucune durée minimum pour un volontariat de solidarité internationale, en pratique la période d’engagement se situe de 12 à 24 mois. À l’instar du service civique, le volontaire en contrat VSI bénéficie d’une prise en charge financière et administrative de la part de l’État et de l’organisme d’accueil.

La prise en charge de l’État comprend :
  • une participation aux frais de couverture sociale et de gestion des volontaires ;
  • une contribution aux dépenses liées à la formation avant le départ à l’étranger ;
  • une aide pour accompagner le retour des volontaires ;
  • une indemnité de réinstallation d’un montant de 3 700 euros directement versée au volontaire uniquement si la durée minimum de sa mission à été de 24 mois ;
  • une prime de réinsertion professionnelle d’un montant de 2001 euros versée trimestriellement pendant 9 mois maximum, si le volontaire est inscrit comme demandeur d’emploi et qu’il ne peut avoir accès au RSA.
La prise en charge de l’organisme comprend :
  • une indemnité mensuelle de subsistance (pour financer les frais nécessaires à la mission du volontaire sur place) ;
  • une participation au frais de protection sanitaire et sociale ;
  • le financement de l’assurance vieillesse ;
  • une contribution aux frais liés au voyage aller et retour (billets d’avion, ticket de train, transfert vers le lieu d’habitation, etc.) ;
  • une garantie de préparation avant le départ ainsi qu’au retour de mission ;
  • une participation à « l’indemnité de réinstallation ; 
  • une obligation d’accorder 2 jours de congé minimum chaque mois de mission accomplie si la durée de l’engagement est supérieure ou égale à 6 mois ;
  • une prise en charge des ayants droit du volontaire. 

 

Voici la fin de cette première partie. Ne manquez pas la suite de nos solutions pour savoir si travailler dans l’humanitaire est fait pour vous dans la deuxième et dernière partie de ce dossier sur l’emploi solidaire