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Devenir salarié dans l’humanitaire : est-ce accessible ?

médecin devenu salarié dans l’humanitaire

Le secteur de l’humanitaire et de la solidarité est logiquement plébiscité dès lors qu’un actif souhaite donner davantage de sens à son travail et s’il souhaite se sentir plus utile dans ses missions professionnelles. Il faut cependant prendre conscience des contraintes de ce secteur et ce que cela va engendrer si vous désirez candidater. De cette façon, vous pourrez adapter votre candidature afin de postuler plus efficacement dans ces structures et devenir salarié dans l’humanitaire

 

Quel est le statut juridique des structures qui peuvent recruter un salarié dans l’humanitaire ?

Avant de postuler, il faut évidemment connaître quel type de structure embauche dans le secteur solidaire. C’est ainsi plus facile de cibler les bons établissements et d’optimiser sa recherche d’emploi. 

Lorsque l’on parle du secteur humanitaire, on pense immédiatement à des organismes populaires comme la Croix-Rouge, action contre la faim, handicap international, médecin sans frontière, sidaction, etc.. Ces structures sont pour la plupart considérées comme des Organismes Non Gouvernementaux (communément appelés ONG). Il faut pourtant savoir que les ONG ne relèvent d’aucune autorité politique et ne possèdent pas de cadre légal clair et délimité que ce soit en France ou à l’international. La dénomination ONG est accordée à une structure en fonction de critères définis comme :

  • le caractère privé de sa constitution ;
  • le but non lucratif et d’intérêt général des actions qu’elle mène ;
  • son indépendance financière ;
  • sa neutralité politique.

C’est pourquoi en France les ONG sont dans la plupart des cas créées sous le statut d’association régi par la loi de 1901. On dénombre tout de même quelques fondations, mais l’association est le statut juridique le plus commun. Pour obtenir un emploi humanitaire, il faudra donc postuler auprès des ONG ou associations. 

 

L’état de l’emploi associatif et solidaire en chiffres

Un rapport complet a été publié en 2019 en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse. Il expose les chiffres clés de la vie associative et permet de mieux cerner le contexte dans lequel évoluent ces structures.

Répartition de la masse salariale dans les associations

1,8 millions de salariés dans le milieu associatifLe premier indicateur fourni par le rapport concerne la masse salariale des associations. Même si l’on dénombre 1,8 million de salariés dans le milieu associatif, une fois les chiffres détaillés et décortiqués on constate que les emplois humanitaires sont rares et les conditions plus précaires que dans d’autres secteurs. De ce fait, ils peuvent être compliqués d’accès. 

D’abord, 92 % de ces 1,8 million de salariés possèdent un poste principal dans les structures associatives. Pour les 8 % restant, cet emploi est secondaire, ils sont donc employés également dans une autre structure (une entreprise, une autre association, une collectivité, en intérim, etc.) en plus de leur fonction associative. Les causes de cette situation résident la plupart du temps dans le type de contrat du salarié dans les associations. On compte 41 % d’employés en CDI et 42 % en CDD. 46 % des salariés en association sont à temps partiel, soit quasiment la moitié. 

Ces réalités témoignent d’une certaine précarité dans l’emploi associatif, car les postes ne subviennent pas forcément à tous les besoins du salarié. L’absence de véritable politique d’emploi force les associations à s’appuyer sur les politiques existantes menées par les pouvoirs publics, notamment celles pour palier au chômage, tout en gardant à l’esprit que les leviers actionnés n’ont jamais été conçus pour le milieu associatif. Le manque de moyens dédié au bon fonctionnement des associations représente inévitablement un frein à l’embauche, d’autant plus pour le recrutement de salarié dans l’humanitaire. 

La place du secteur humanitaire dans le milieu associatif français

Ensuite, si l’on se penche de plus près sur le secteur humanitaire au sein du monde associatif on se rend compte que les structures de solidarité n’ont pas le monopole sous ce statut juridique. La France recense 1,5 million d’associations, mais dont les structures dédiées à l’action sociale, humanitaire et caritative ne représentent que 14 %. De plus, seules 159 000 sont employeuses et 54 % de ces dernières n’emploient que 1 à 2 salariés. Parmi ces 159 000 associations qui embauchent des salariés, 30 % d’entre elles œuvrent dans l’action sociale, humanitaire et le caritative, soit 47 700 associations employeuses dans le secteur solidaire.

Même si c’est le secteur le plus important en termes d’emploi salarié associatif, ces chiffres révèlent à quel point les places en tant que salarié dans l’humanitaire sont précieuses. Pas parce qu’il n’y a pas de place à prendre (même si ce n’est pas foisonnant), mais parce que les structures sont exigeantes (à cause du manque de ressources, mais aussi par souci de qualification et d’efficacité). C’est pour cela qu’un profil de candidat rodé est un atout de taille si vous désirez accéder à ces emplois. 

Le contexte du secteur solidaire est singulier, si vous désirez devenir salarié dans l’humanitaire vous savez maintenant que vous devrez vous pencher sérieusement sur votre niveau de qualification, mais aussi que vous devrez rester conscient de la complexité d’accès à un poste salarié dans l’humanitaire. Pour mettre toutes les chances de votre côté, vous pouvez lire nos articles sur les éléments indispensables pour une candidature dans l’humanitaire ou encore les questions à se poser avant de s’engager dans l’humanitaire

 

Si devenir salarié dans l’humanitaire n’est tout compte fait, pas fait pour vous, vous pouvez aussi regarder du côté des entreprises de l’économie sociale et solidaire ou de la SocialTech afin d’apporter plus de sens à votre carrière. Et si vous hésitez trop, pensez au bilan de compétences pour y voir plus clair !